Bernard Maréchal, non  ...

"Maître" Maréchal !

 

à ne pas confondre avec Antoine Maréchal, interprété par Bourvil dans le "Corniaud" de Gérard Oury ...


Ce "Maître" de talent a croisé mon chemin le jour où la femme de mon ami Doum m'a parlé de sa voisine dont la soeur qui vit à Liège avait un de ses fils, Bernard, sculpteur, sourd et muet qui cherchait du travail  et patati et patata ...  Non, vous n'êtes pas dans la Cantatrice Chauve de Eugène Ionesco, mais bien au coeur de l'atelier de Rudi Jacques où se construisent de "petits bijoux" (ciel, mes bijoux !), grâce entre autre, aux doigts du Joaillier : Bernard !

Dès notre première poignée de main, je fus séduit par le côté profondément humain et les qualités de coeur de celui qui deviendrait : "mon Ami, Bernard".

"Le petit Rudi et son oncle Albert"

Ayant vécu mon enfance en côtoyant un oncle sourd et muet, sa façon de s'exprimer différemment ne m'impressionnait guère ...

 

Nous avons d'abord dialogué par écrit puis je me suis mis à articuler avec les doigts de grands gestes provoquant l'hilarité de mon interlocuteur...  Après, nous avons, néanmoins,  trouvé un terrain d'entente, celui du Beau.  Ici, les détails se négocient en remplissant des feuilles blanches et le reste se lit dans le regard de l'autre.

Mes gestes deviennent (du moins, je le suppute) de jour en jour plus cohérents et je n'ai plus l'impression de "bégayer" comme au début.

Bernard a le sens aigu de l'humour qui lui est propre : il se raconte souvent la "dernière" qu'il ne connaissait pas encore !  Inutile alors de lui demander des précisions sur la moralité de l'histoire dont la complexité des gestes pourrait me faire penser qu'il y a le feu à l'atelier !

 

Outre ses fonctions de sculpteur, Bernard me prépare toutes les pièces de bois pour la construction des soufflets, des mécaniques, restaure les pièces anciennes et lors des montages des orgues, étant profondément croyant, il met des cierges (qu'il offre de sa poche !) à Tous les Saints de saint lieu, afin que les caisses d'outils ne nous tombent pas sur la tête ! (comme à Donstiennes ...).

 

 

Vous l'aurez compris, Bernard est indispensable  .... simplement à la survie de l'entreprise !

 

 

Alors, passons ici sous silence (mais pour un sourd : quelle importance !) ses inclinations, sa propension ou un petit penchant pour le chocolat et autres friandises quotidiennes pour n'entendre que l'essentiel :

MERCI

BEAU

TRAVAIL

Signé : PATRON !