Rudi Jacques - Facteur d'Orgues
Ancienne Ecole de Maurenne, 29 - 5540 B - Hastière-Lavaux
Tél. & Fax : 00 32 (0) 82 64 44 75
![]()
RESTAURATION DE L'ORGUE HISTORIQUE
DE GERPINNES classé 17° siècle
![]()
|
Photo : Luc de Vos |
COMPOSITION DE L'ORGUE Bourdon 8’ Cornet IV rangs Prestant 4’ Flûte 4’ Nazard 2’ 2/3 Doublette 2’ Larigot 1' 1/3 Tierce 1’ 3/5 Sifflet 1’ Fourniture III Cymbale II Trompette 8’ Voix Humaine 8 |
Accessoires : Tremblant doux - Rossignol
Diapason : a = +/- 404 Hertz.
Étendue du clavier : C-D - c’’’ / 48 touches.
Pédalier accroché : C-D - d’ / 26 touches.
Soufflerie : trois soufflets cunéiformes actionnés en permanence par un système électromécanique.
Situation en 1967 - Document : Jean-Pierre Félix
Pour l'historique "complète" de l'orgue de Gerpinnes : cliquez sur la photo ...
par Monsieur le Bourgmestre, Monsieur Roland Marchal
La
restauration
de
l’orgue
représentait
un
défi
en
raison
du
caractère
technique
de
l’opération
et
de
son
coût.
Lorsque
le
facteur
d’orgue,
le
réputé
Rudi
Jacques,
entreprit
le
travail,
l’instrument
livra
enfin
ses
secrets.
Ainsi
eut-il
la
surprise
de
découvrir
de
nombreuses
traces,
voire
de
grandes
surfaces
polychromes,
ce
qui
est
rarissime
pour
ne
pas
dire
unique
dans
notre
pays,
et
même
au
niveau
européen.
Tous
ces
éléments
permirent
d’établir
que
l’orgue
date
du
XVIIème
siècle.
Par
ailleurs,
on
sait
qu’il
a
été
acquis
en
1805
par
les
Marguilliers
de
la
Fabrique
d’église.
Quelle
émotion
étreindra
le
Lundi
de
Pentecôte
de
nombreux
pèlerins
lorsqu’ils
entonneront
le
cantique
de
Sainte-Rolende
accompagnés
par
ce
remarquable
instrument.
Sans
conteste
sa
remise
en
état
exceptionnelle
a
canalisé
les
énergies
de
nombreuses
personnes
et
est
aujourd’hui
accueillie
avec
un
enthousiasme
et
une
fierté
légitime
par
tous
ceux
qui
ont
permis
de
concrétiser
cet
ambitieux
projet.
Notre
patrimoine
s’en
trouve
considérablement
enrichi
et
constitue
un
atout
supplémentaire
quant
à
l’attractivité
de
notre
commune.
De
plus,
il
illustre
parfaitement
la
fructueuse
collaboration
entre
le
spirituel
et
le
temporel.
Je
m’en
voudrais
de
ne
pas
adresser
mes
plus
sincères
et
chaleureuses
félicitations
au
facteur
d’orgue,
Monsieur
Rudi
Jacques,
et
à
toute
son
équipe,
pour
la
qualité
irréprochable
de
l’ouvrage.
Il
serait
injuste
de
ne
pas
adresser
mes
plus
vifs
et
sincères
remerciements
aux
autorités
de
la
Région
wallonne
qui
ont
accordé
une
subvention
déterminante
sans
laquelle
il
eut
été
impossible
de
mener
à
bien
pareille
entreprise.
Aujourd’hui c’est un grand jour pour la communauté locale qui appréciera à sa juste valeur la pureté sonore de l’instrument amplifiée par les voûtes séculaires de l’église Saint-Michel. Puisse cet élément du patrimoine assurer à la cité des Marches un lustre supplémentaire qui saura faire confluer vers son orgue amateurs et pèlerins.
Roland
Marchal
Bourgmestre
Membre
de
droit
de
la
Fabrique
d’église
de
Gerpinnes
La bénédiction de l'orgue le dimanche 24 octobre 2004...
LE MOT DE MONSIEUR LE CURE …
Monseigneur l’Evêque, Jean Huard, m’a nommé curé de Gerpinnes le 13 décembre 1990, et dès le début, des paroissiens m’ont parlé de leur grand désir de faire restaurer l’orgue.
C’est ainsi que dès janvier 1992 nous avons lancé une invitation à des paroissiens et à d’autres personnes qui pouvaient nous aider à réaliser ce projet.
La
première
réunion
a
eu
lieu
à
la
cure
de
Gerpinnes
le
18
février
1992,
une
vingtaine
de
personnes
avaient
répondu
à
notre
invitation.
Lors
de
cette
réunion
il
fut
décidé
de
faire
des
pins
pour
récolter
de
l’argent.
Nous
avions
commandé
2500
pins
mais
nous
ne
les
avions
pas
tous
vendus.
Les
fonds
récoltés
nous
ont
seulement
permis
de
payer
la
facture
des
pins.
Heureusement,
des
bienfaiteurs
sont
venus
à
notre
secours
pour
nous
permettre
d’honorer
l’avant-projet
qui
était
à
supporter
par
la
paroisse.
Monsieur
Roland
Marchal,
Echevin
du
culte,
nous
a
proposé
les
services
de
l’administration
communale
pour
introduire
le
dossier
et
accompagner
le
projet,
avec
le
résultat
qu’aujourd’hui
notre
orgue
est
restauré,
grâce
aux
subsides
de
la
Région
Wallonne,
de
la
Commune
et
l’aide
financière
des
paroissiens,
de
la
chorale
paroissiale
et
de
l’A S.B.L.
« Quatrième
centenaire
de
la
châsse
Sainte-Rolende ».
Je
tiens
à
exprimer
ma
grande
reconnaissance
envers
tous
ceux
et
celles
qui
nous
ont
aidé
à
lancer
ce
projet.
Un
très
grand
merci
à
tous
pour
l’avoir
soutenu
et
bravo
à
ceux
qui
l’ont
réalisé.
Que
la
musique
de
cet
orgue
nous
permette
de
chanter,
de
louer
le
Seigneur
et
de
créer
des
liens
d’amitié
profonde.
Père Joseph Vennix
PREFACE
Relater
en
quelques
mots
mon
expérience
d’artisan-restaurateur
de
l’Orgue
de
Gerpinnes
avec
lequel
j’ai
vécu
quatre
années
dans
mon
atelier
(dont
deux
ans
d’arrêt
de
chantier
« forcé »
pour
étude
de
polychromie…)
m’apparaît
encore
aujourd’hui
bien
compliqué
car
certaines
de
ses
parties
ont
près
de
trois
cent
quarante
années
et
des
parcours
divers
…
Cet
instrument,
je
le
connaissais
bien
avant
que
les
travaux
visant
une
restauration
globale
me
soient
attribués
par
appel
d’offre.
Lorsque
je
suis
entré
dans
l’atelier
de
Christian
Colard
en
1983,
il
venait,
quelques
années
auparavant,
d’effectuer
quelques
travaux
en
urgence
à
Gerpinnes.
Je
découvris
d’abord
chez
lui
quelques
photos
en
noir
et
blanc
puis
une
visite
sur
place
me
donna
l’émoi
d’entendre
pour
la
première
fois
des
sons
d’une
harmonie
nouvelle
à
mes
oreilles.
Les
années
ont
passé,
je
suis
devenu
facteur
d’orgues
et
gardais
en
mémoire
ce
magnifique
patrimoine.
En
1999,
je
me
retrouve
attributaire
du
marché
et
c’est
là
que
l’histoire
recommence.
Lorsque
l’on
a
la
chance
de
se
trouver
face
à
un
orgue
construit
pour
un
lieu
donné,
que
cet
instrument
n’a
pas
changé
de
place,
que
les
archives
sont
explicites,
que
le
contrat
d’origine
est
retrouvé
…
Le
facteur
peut
assez
facilement
suivre
les
étapes
de
vie
de
l’objet,
ses
transformations
et
par
recoupement
avec
d’autres
instruments
du
même
facteur
reconstituer
l’instrument
de
musique
qui
semble
être
le
plus
proche
de
son
état
d’origine.
A
Gerpinnes,
rien
ne
conduit
à
ce
parcours
historique
logique.
Car
la
« logique »
n’existe
pas
et
n’a
jamais
ici
été
pensée
comme
telle.
La
« restauration »
d’orgue
est
un
concept
relativement
neuf.
Malgré
l’important
travail
de
recherche
d’archives
entrepris
par
Monsieur
Jean-Pierre
Félix,
aidé
par
les
recherches
qu’avaient
faites,
avant
lui,
les
Membres
du
Conseil
de
la
Fabrique,
nous
avons
été
confronté
à
des
questions
qui
ne
seront
probablement
jamais
élucidées.
Notre
vision
de
facteur
au
démontage
de
ces
différentes
pièces
de
puzzle
assemblées,
parfois
bien
malgré
elles,
est
qu’il
s’agit
ici
(encore)
d’un
« fond
d’atelier »
que
Rifflard
revendit
en
1805
aux
Marguilliers
de
Gerpinnes
certainement
en
tant
« qu’orgue
d’occasion ».
Ce
facteur
a
dû,
comme
bien
d’autres
de
son
époque,
récupérer
une
série
impressionnante
de
buffets
(entiers
ou
en
parties),
de
tuyauteries
diverses,
de
sommiers
et
de
mécaniques
provenant
de
différents
monastères,
abbayes
ou
églises
fermés
après
les
années
1790.
Rifflard
a
donc
remonté
un
dessus
de
buffet
homogène
dans
sa
construction
et
sa
décoration
(début
des
années
1700)
sur
un
socle
bricolé
à
partir
de
différentes
pièces
anciennes.
Il
y
a
placé
une
tuyauterie
plus
ancienne
que
nous
pouvons
attribuer
au
certain
« Bosmans
–
1666 »,
c’est-à-dire
une
façade
(numérotée)
qui
provient
d’un
petit
quatre
pieds
à
deux
plates-faces
et
une
tourelle
centrale
(ou
une
plate-face)
suivant
un
schéma
comparable
aux
instruments
de
Longueville
ou
au
béguinage
de
Saint-Trond.
Il
transforma
la
façade
au
ton
de
l’époque
et
dut
la
compléter
pour
combler
l’espace
vide.
Il
plaça
ensuite
les
jeux
anciens
de
1666 :
- le Bourdon homogène
- la Flûte homogène
- la Doublette homogène
- le Cornet homogène
- quelques tuyaux de Larigot
-
un
Plein-jeu
de
cinq
rangs
homogène
mais
d’époque
peut-être
plus
récente
( en
partie
17ème
et
18ème
s.)
- une Voix Humaine
L’arrivée
d’un
facteur
inconnu
dans
les
années
1840
annonce
une
remise
au
goût
du
jour
de
l’ensemble.
Il
éventre
le
fond
du
buffet
et
les
plafonds
afin
de
placer
un
grand
sommier
neuf
avec
Bourdon
16,
Montre
8
…
un
grand
soufflet
et
une
mécanique
transversale.
La
Voix
Humaine
et
une
bonne
partie
du
Plein-jeu
sont
enlevés
et
simplement
déposés
sous
le
soufflet
tels
quels.
Les
travaux
de
Rifflart-Piret,
n’arrangent
rien,
il
supprime
la
Tierce,
ré-harmonise
les
basses,
place
un
nouveau
soufflet.
L’arrivée
de
Christian
Colard
en
1982
marque
un
autre
tournant
qui
vise
à
sensibiliser
les
Gerpinnois
sur
l’intérêt
de
la
tuyauterie
ancienne.
Avec
de
petits
moyens,
il
arrive
à
remettre
en
état
de
marche
quelques
jeux
et
enlève
les
ajouts
(Bourdon
16,
Trompette
et
Clairon
dont
une
grande
partie
s’effondre
sur
la
tuyauterie
ancienne
et
la
met
de
ce
fait
en
péril).
En
conclusion,
nous
avons
sur
base
du
cahier
des
charges
reconstitué
un
instrument
de
musique
des
années
1666
dans
un
buffet
re-proportionné
des
années
1700.
J’aimerais
mettre
en
évidence
le
profond
respect
que
tous
ces
facteurs
d’époques
différentes
(dont
les
deux
Rifflart
et
Colard)
ont
eu
à
l’égard
de
la
tuyauterie
du
17ème
siècle.
Leurs
interventions
minimalistes,
sans
modifier
radicalement
les
paramètres
de
l’harmonie
d’origine,
m’ont
permis
de
croire
qu’il
m’était
possible
de
retrouver
ici
les
choix
et
le
caractère
de
l’harmonie
du
départ.
Ce
qui
à
notre
époque
devient
de
plus
en
plus
rare
tant
le
goût
personnel
s’imprime
sur
chaque
tuyau
à
chaque
passage
de
mode
et
de
facteur.
Je leur exprime ici toute ma gratitude et espère qu’il en sera de même pour les facteurs qui reprendront mon travail dans quelques dizaines d’années.
DEMONTAGE
DE
l’ORGUE
EN
L’EGLISE
DE
GERPINNES
Etat
de
la
situation :
Lors
du
démontage
de
l’instrument
en
l’église,
nous
avons
trouvé
de
très
nombreuses
traces
et/ou
parties
entières
de
polychromie
jaune
ocre
avec
flamme
rouge.
Un
sondage
en
plusieurs
endroits
par
grattage
soigneux
de
la
peinture
actuelle
faux
chêne
foncé
(posée
lors
de
reconstruction
par
Rifflart
au
19ème
siècle),
nous
a
fait
découvrir
que
l’entièreté
du
buffet
était
peint.
Nous
avons
décidé
de
déposer
19
parties
de
l’instrument
à
l’IRPA
pour
analyses
diverses.
Contexte
historique :
Au 16ème, 17ème et 18ème siècles, le mobilier d’église dont les orgues, les balustrades, les chaires de vérité, etc … ont généralement été peints suivant différentes techniques (peinture à l’huile, terre mélangée à la colle de lapin, …)
Quelques
instruments
ont
été
laissés
en
bois
naturel
nourri
à
la
cire
d’abeille
ou
recouvert
de
vernis
à
l’alcool.
Fin
18ème,
début
19ème
apparaît
une
autre
technique
sur
bois
dite
la
technique
du
« faux
chêne ».
Si
certains
orgues
ont
pu
être
peints
dès
leur
construction
avec
cette
technique,
elle
fut
le
plus
souvent
utilisée
pour
masquer
et
brunir
de
très
nombreux
instruments
dont
la
décoration
vive,
chaude
et
étincelante
était
passée
de
mode.
L’orgue
actuel
de
Gerpinnes :
Plusieurs éléments actuels nous permettent de penser que la partie supérieure de l’instrument proviendrait d’un ancien positif dorsal que l’on pose sur un double socle construit à partir de pièces d’un buffet de grand orgue. Ce positif est arrivé à Gerpinnes avec sa balustrade, peints tous deux en faux bois et faux marbre. Deux pièces de mains courantes de celle-ci ont servi de soutien de moulures du buffet lors du remontage en l’église.
A
ce
jour,
en
Wallonie,
contrairement
à
nos
pays
voisins,
plus
aucune
polychromie
ne
subsiste
à
l’état
original.
Soit,
on
construisait
un
instrument
entièrement
neuf,
soit
on
gardait
un
buffet
ancien
que
l’on
aménageait
et
transformait,
décapait
ou
repeignait
au
goût
du
jour
en
conservant
tant
bien
que
mal
une
tuyauterie
ancienne
augmentée
de
jeux
à
la
mode,
ce
qui
est
le
cas
de
Gerpinnes.
Suite
au
rapport
de
l’IRPA,
différentes
orientations
sont
évoquées :
- repeindre le buffet en faux bois sur les différentes couches existantes ;
-
repeindre
le
buffet
en
faux
chêne
sur
les
différentes
couches
existantes
en
créant
« des
fenêtres »
laissant
apparaître
ici
et
là
des
traces
de
faux
marbre
jaune
ocre
et
faux
acajou.
Lors
de
la
réunion
mensuelle
qui
suit
le
rapport
de
l’IRPA,
en
accord
avec
l’assemblée,
les
auteurs
de
projet
décident
de
réaliser
une
étude
circonstanciée.
Le
choix
se
porte
sur
Pascale
Wery,
qualifiée
en
étude,
conservation
et
restauration
de
peintures
anciennes
et
sculptures.
Le
choix
définitif
se
portera,
suite
à
son
étude,
pour
une
peinture
en
« faux
acajou »
correspondant
à
la
première
strate
de
la
partie
supérieure
du
buffet.
Les sculptures seront dorées à l’ancienne selon différentes techniques.
RESTAURATION
DU
BUFFET
Au
démontage
du
buffet,
nous
avons
été
stupéfaits
de
constater
à
quel
point
le
facteur
Rifflart
avait
travaillé
à
l’économie,
alors
qu’il
avait
l’habitude
pour
ses
instruments
neufs
de
soigner
sa
menuiserie.
Seule la partie haute était solidement bâtie. Elle n’a probablement jamais été démontée depuis sa construction et a dû être emportée telle quelle à Gerpinnes.
Le
socle
était
construit
de
différentes
parties
composites,
reposant
sur
de
petits
blocs
de
bois
de
section
carrée.
Le
tout
recouvert
de
planches
de
bois
blanc
clouées
afin
de
donner
une
certaine
stabilité
à
l’ensemble.
La
partie
supérieure
était
posée
sur
son
socle
sans
assemblage
et
était
fixée
au
socle
par
clouage
de
la
moulure
de
ceinture.
Le
facteur
qui
le
suivit
ne
fit
pas
non
plus
dans
la
dentelle
en
cassant
les
montants
arrières
à
la
hache
pour
faire
passer
son
nouveau
sommier,
sciant
grossièrement
les
retours
des
tourelles
afin
de
mettre
son
Bourdon
16
…
Laissant
de
côté
l’ajout
en
profondeur
pour
retrouver
les
proportions
originales
du
buffet,
nous
avons
déchevillé
tous
les
assemblages,
enlevé
toutes
les
moulures
qui
ici
sont
toutes
clouées
sur
cadres
(et
non
tirées
dans
la
masse).
Le
tout
a
été
marqué
et
classé.
Tous
les
assemblages
avaient
beaucoup
souffert,
les
tenons
étaient
cassés
et
les
moulures
fendues
ou
disparues.
Les
panneaux
avaient
sensiblement
rétréci
dans
leurs
batées.
Après restauration par greffes de bois neuf, nous avons ensuite chevillé l’ensemble.
Les
moulures
cassées
ou
manquantes
ont
été
reconstruites
selon
les
modèles
des
anciennes.
|
|
Le cadre dû socle a dû être repensé et reconstruit à neuf en tenant compte d’une hauteur de clavier normale en fenêtre. Nous n’avons pu garder que les deux panneaux moulurés de la face avant de chaque côté du clavier ainsi que les traverses hautes et basses enfermant ces panneaux.
Tout
le
reste
du
socle
est
neuf
et
respecte
les
mesures
imposées
de
la
partie
supérieure
ancienne.
Les
deux
portes
de
côté
de
soubassement
neuves
donnant
accès
à
la
mécanique
sont
moulurées
comme
les
panneaux
anciens
de
la
face.
|
Tout
le
fond
de
l’orgue
avait
disparu,
nous
l’avons
reconstruit
en
chêne.
Panneaux
sur
cadres
fermés
par
taquets
pour
le
socle.
Portes
sur
charnières
pour
la
partie
supérieure.
La
peinture
ancienne
fut,
comme
nous
l’a
recommandé
l’IRPA,
poncée
soigneusement
et
non
décapée
afin
de
laisser
la
trace
des
couches
de
peinture
sous
la
nouvelle.
Nous
avons
gardé
comme
témoins
les
deux
planches
des
tirants
des
registres
car
elles
portent
les
études
et
sondages
ainsi
que
les
noms
des
registres
peints
par
Rifflart
en
1805.
RESTAURATION ET DORURES DES SCULPTURES
ANCIENNES
ET
CREATION
DE
NOUVELLES
Restauration
des
parties
cassées
et
réalisation
des
parties
manquantes
:
|
|
![]() |
Après
avoir
effectué
un
ponçage
méticuleux
des
sculptures
et
l’enlèvement
du
trop
plein
dans
les
creux
des
motifs,
nous
avons
réparé
toutes
les
pièces
cassées
ou
manquantes
des
sculptures
anciennes
par
greffe
de
pièces
neuves
en
tilleul
pour
les
éléments
anciens
(les
anges
de
côté,
les
pots
à
fleurs,
les
triangles
au-dessus
des
plates
faces,
les
culots
sous
les
tourelles)
et
en
chêne
pour
les
sculptures
des
claires-voies.
Le
tout
a
été
traité
avec
des
produits
fongicides
et
insecticides
puis
nous
avons
injecté
une
résine
à
deux
composants
dans
tous
les
trous
de
vers
dans
les
sculptures
en
tilleul
très
friables.

Création
de
deux
nouvelles
sculptures :
Nous
avons
retrouvé
une
traverse
de
soutien
d’élément
sculpté
(disparu)
au-dessus
de
la
petite
tourelle
centrale
et
pensé
qu’il
pourrait
s’agir
d’un
pot
à
feu
(en
contraste
avec
les
pots
à
fleurs
des
grandes
tourelles).
Nous
avons
repris
comme
motif
de
base
les
sculptures
en
triangle
posées
au-dessus
des
plates
faces
couronné
au
sommet
par
un
pot
à
feu.
| Un
petit
culot
neuf
sous
la
tourelle
centrale,
inspiré
par
les
deux
culots
des
côtés
fixés
sur
la
même
moulure,
a
été
réalisé
en
tilleul
massif
comme
les
deux
modèles
anciens.
Toutes ces sculptures ont été dorées à la feuille d’or 24 carats suivant différentes techniques anciennes. Soit à la mixtion, soit polies ci et là recouvertes d’un vernis vert translucide, comme le précisait l’étude de Pascale Wery. |
RESTAURATION
DE
LA
TUYAUTERIE
Les
notes
prises
par
Christian
Colard
nous
furent
d’une
aide
précieuse
afin
de
comprendre
son
intervention
et
surtout
l’état
précédent.
Seul
le
Prestant
avait
été
réembouché
plus
bas
qu’à
l’origine
(au
1/5).
La
hauteur
d’origine
était
indiquée
dans
ses
notes
et
correspondait
aux
tuyaux
existants
mais
non
replacés.
C’est-à-dire
un
embouchage
au
1/4.
Le
reste
n’avait
pas
subi
d’intervention
majeure.
La
Flûte
de
4
avait
quelques
calottes
ressoudées
par
Christian
Colard
(pour
remettre
en
forme
les
tuyaux)
mais
les
corps
n’avaient
pas
subi
de
recoupes.
Les
cheminées
avaient
été
rallongées
afin
de
les
mettre
au
ton
choisi
à
l’époque.
Le Bourdon à calottes soudées nous a permis de retrouver le ton d’origine (après reclassement), soit à 404 (16°). Les premières calottes avaient été dessoudées par Rifflart afin de débosseler les tuyaux et ces calottes étant devenues un peu étroites, il les déplaça d’1/2 ton (la calotte du n°8 sur le tuyau n°9, …) Mais sans recoupe du tuyau.
Les
corrections
de
ton
et
d’accord
apportées
par
Rifflart-Piret
se
bornèrent
à
enfoncer
au
marteau
les
calottes
et
à
hausser
les
bouches
(déjà
très
hautes)
afin
de
diminuer
la
longueur
du
corps
sonore.
Ces
traces
d’embouchage
étant
nettement
visibles
(plomb
plus
clair
aux
côtés
de
la
bouche),
nous
avons
ressoudé
des
lamelles
de
plomb
afin
de
rendre
aux
bouches
leurs
hauteurs
d’origine
et
dessoudé
les
calottes
afin
de
remettre
le
tout
en
forme.
Le reste de la tuyauterie fut restaurée dans ce sens, à partir du diapason retrouvé.
Les
tuyaux
ayant
subi
une
découpe
des
bouches
furent
remis
à
leur
hauteur
d’origine
soit
par
soudure
de
plaquettes
pour
les
grands
tuyaux
(Bourdon,
Flûte,
Larigot),
soit
par
découpe
du
corps
ressoudé
plus
bas
pour
les
petits
jeux
(Doublette,
Cornet,
Plein-jeu)
mais
la
majorité
des
tuyaux
avait
gardé
cependant
leur
hauteur
de
bouches
d’origine.
Tous
les
tuyaux
avaient
conservé
des
biseaux
sans
dent,
à
l’exception
de
la
Doublette
où
Rifflart-Piret
avait
posé
des
dents
(oxydation
plus
claire).
Nous avons dans ces cas particuliers dessoudé les biseaux, repoussé les dents et repassé le biseau ancien sur le rabot.
Tous les tuyaux ouverts durent être rallongés afin de retrouver le ton ancien du Bourdon. Pour la Flûte et le Larigot, nous avons seulement dû rallonger les cheminées.
|
|
Restauration
de
la
façade :
Après
dépose,
nous
avons
trouvé
trois
familles
de
tuyaux :
- une façade homogène de 1666 numérotée de gauche à droite de 1 à 27 (avec 3 tuyaux manquants) ;
- les cinq petits derniers en chanoine construits par Rifflart en 1805 pour combler les vides ;
- quatre grands tuyaux neufs reconstruits par Christian Colard.
A
la
tribune,
nous
avons
retrouvé
deux
grands
tuyaux
de
1666
non
replacés
par
un
des
Rifflart.
Dans
les
ateliers
de
Colard
se
trouvait
encore
un
tuyau
fort
abîmé
de
1666
qu’il
avait
en
1982
remplacé
par
un
tuyau
neuf.
La
liste
des
27
tuyaux
anciens
« parlant »
était
donc
complète.
Nous
avons
conservé
les
5
tuyaux
chanoines
de
Rifflart
indispensables
pour
combler
les
vides
du
buffet.
Trois
tuyaux
neufs,
dont
deux
chanoines,
ont
été
construits
dans
le
même
métal
et
les
mêmes
paramètres
que
les
anciens.
Les tuyaux posés en façade avaient été recouverts par Christian Colard d’une feuille d’étain qui posait beaucoup de problèmes : décollement facile, formation de bulles, …
Sous
cette
feuille
d’étain,
les
tuyaux
étaient
fort
abîmés :
bosses,
fissures
des
labiums
et
surtout
une
« griffade »
grossière
et
profonde
au
gros
papier
de
verre
afin
de
faire
tenir
la
mixtion
(mais
en
vain !).
Par
contre,
les
deux
tuyaux
anciens,
retrouvés
à
la
tribune,
ne
présentaient
pas
de
traces
d’étamage
mais
une
oxydation
naturelle.
Nous
avons
donc
décidé,
en
accord
avec
les
auteurs
de
projet,
de
procéder
à
l’enlèvement
de
cette
feuille
d’étain
et
de
rebrunir
à
l’ancienne
tous
les
tuyaux
(anciens
et
neufs)
afin
que
ceux-ci,
avec
le
temps,
s’oxydent
à
nouveau
de
façon
naturelle
et
homogène.
|
Ce
travail
très
long
et
fastidieux
permet
d’observer
l’historique
des
travaux
successifs
(allongement
des
corps
par
Rifflart,
greffes,
réparations
et
soudures
diverses
par
nos
soins
…).
Suite aux différentes transformations des tons, on constate que les pattes d’accord on été sérieusement recoupées afin de faire parler les tuyaux d’un demi-ton à un ton et demi (une Tierce) plus aigu : rendant ainsi aux tuyaux des tailles beaucoup plus larges qu’à l’origine.
Nous
avons
ressoudé
ces
découpes
afin
de
leur
donner
leur
ton
d’origine.
|
Après
une
grosse
semaine
d’études,
de
relevés
et
cogitations
diverses
…
nous
avons
retrouvé
la
place
des
182
tuyaux
anciens
récupérés
du
Plein-jeu.
Pour
rappel
au
démontage,
deux
rangs
de
tuyaux
se
trouvaient
placés
sur
le
sommier
à
Gerpinnes
(+/-
100
tuyaux)
plus
une
dizaine
d’un
troisième
rang.
Les
autres
tuyaux
ont
été
retrouvés
dans
une
caisse
en
carton.
Les
tuyaux
de
Rifflart
ont
été
écartés
et
mis
en
caisse.
Deux
factures
composent
ces
tuyaux
anciens
(une
à
« pieds
longs »
avec
une
teneur
en
étain
plus
élevée,
l’autre
à
« pieds
courts »),
mais
rien
ne
permet
de
dater
l’une
ou
l’autre
comme
étant
la
plus
ancienne
mais
ces
deux
« familles »
présentent
des
caractéristiques
fort
intéressantes
(biseaux
sans
dent
…),
donc
toutes
deux
à
conserver.
Seul
un
rang
retrouvé
est
homogène
et
comporte
des
indications
fort
anciennes
ainsi
que
des
chiffres
plus
récents
(Rifflart ?).
Il
nous
a
fourni
les
tailles
de
base
du
Plein-jeu
à
reconstituer.
Le deuxième rang était composé de tuyaux des deux factures (« pieds longs » et « pieds courts ») mais les « pieds courts » étaient disposés de sorte que les tailles étaient trop larges et ne correspondaient pas aux tailles du premier rang.
Ces
tuyaux
ont
été
vraisemblablement
recoupés
puis
placés
sur
sommier.
Nous
avons
donc
trié
ces
182
tuyaux
par
diamètre.
Afin
d’obtenir
un
Plein-jeu
équilibré
en
taille
et
en
timbre
mêlant
ces
deux
époques
ou
ces
deux
factures,
nous
avons
pris
l’option
de
ne
pas
tenir
compte
des
indications
gravées
de
Rifflart
et
de
reclasser
la
tuyauterie
seulement
en
fonction
des
diamètres.
Ce
qui
nous
a
permis
de
reclasser
l’ensemble
de
ces
182
tuyaux
et
de
retrouver
des
tuyaux
du
premier
rang
ainsi
disparus.
Construction
de
la
tuyauterie
manquante :
|
Les
tuyaux
neufs
à
reconstruire
ont
été
calculés
et
refaits
en
fonction
des
différents
paramètres
des
tuyaux
anciens
très
étroits.
L’analyse
de
la
tuyauterie
ancienne
montrait
une
teneur
à
98%
de
plomb. Nous
avons
tout
d’abord
construit
les
tuyaux
qui
devaient
compléter
les
jeux
anciens.
Ceux-ci
avaient
ici
et
là
perdu
quelques
tuyaux
suite
aux
déplacements
d’un
demi-ton
à
un
ton,
à
cause
du
changement
de
diapason
aux
remontages
de
l’orgue
par
les
Rifflart. Le
Nazard
(un
seul
tuyau
ancien
retrouvé
dans
la
Flûte)
suit
les
paramètres
de
la
Flûte
4’ ;
idem
pour
la
basse
du
Larigot.
La
Tierce
et
le
Sifflet
sont
inspirés
des
rangs
correspondant
du
Cornet
également
« anormalement »
très
étroit.
Cette
Tierce
s’accommode
aussi
bien
avec
les
Flûtes
que
dans
le
Plein-jeu.
|
La
Trompette
fut
reconstruite
sur
base
de
quelques
fragments
retrouvés :
pointes
en
fer
blanc
et
le
reste
en
étoffe.
Les
gros
noyaux
sont
en
plomb
et
coniques.
La
basse
de
la
Voix
Humaine,
disparue,
fut
reconstruite
suivant
les
modèles
du
dessus
(complet).
La
conception,
dont
la
rasette
passe
à
l’intérieur
du
corps
et
le
noyau
se
limitant
à
une
grosse
bague
circulaire
fait
penser
à
une
facture
proche
du
facteur
« Le
Royer »
(communication
verbale
de
mon
confrère
Stan
Arnauts).
![]() |
![]() |
CONSTRUCTION
DU
SOMMIER
Tenant compte de la composition supposée et imposée dans le cahier des charges, nous restons cependant persuadé, vu les dimensions intérieures du buffet (226.5 cm x 82.5 cm), que celui-ci n’a jamais accueilli autant de registres.
Nous
avons
réalisé
deux
sommiers
de
92.5
cm
de
large
sur
81
cm
de
profondeur,
laissant
15
cm
entre
les
sommiers
pour
les
relais
de
la
mécanique
et
l’alimentation
en
vent.
L’étude des différents paramètres s’est basée sur des instruments anciens de la même époque.
L’impossibilité
d’accéder
aux
laies
par
la
face
donne
également
crédit
à
un
ancien
positif
dorsal
ou
un
clavier
posé
à
l’arrière.
Toutes les parties sont réalisées en chêne.
La grille est recouverte de parchemin.
Les
soupapes
sont
garnies
d’une
seule
peau.
Ordre
du
sommier :
1. Prestant 4’ façade : 27 tuyaux parlants anciens, 1 neuf ; 6 chanoines anciens et 1 neuf
intérieur : 18 tuyaux anciens, 2 neufs
2. Bourdon 8’ dessus 6 tuyaux de bois anciens, 1er G en métal neuf
3. Bourdon 8’ basse et 41 tuyaux anciens
4.
Cornet
IV
92
tuyaux
anciens,
4
neufs
5.
Flûte
4’
46
tuyaux
anciens,
2
neufs
6. Nazard 2 2/3 1 tuyau ancien, 47 neufs
7. Doublette 2’ 46 tuyaux anciens, 2 neufs
8. Tierce 48 tuyaux neufs
9. Larigot 14 tuyaux anciens à cheminée, 9 anciens ouverts, 25 neufs
10. Sifflet 1’ 48 tuyaux neufs
11. Fourniture III 182 tuyaux anciens
12. Cymbale II et 58 neufs
13. Trompette 8’ dessus 24 tuyaux neufs
14. Trompette 8’ basse 24 tuyaux neufs
15. Voix Humaine dessus 24 tuyaux anciens
16. Voix Humaine basse 24 tuyaux neufs
Mesures du porte-vent en chêne sous les soufflets :
165 mm x 165 mm extérieur - Epaisseur des parois parcheminées : 18 mm
Mesures du porte-vent en chêne du Tremblant vers les sommiers :
150 mm x 110 mm extérieur - Epaisseur des parois parcheminées : 15 mm
CONSTRUCTION
DE
LA
MECANIQUE
La
mécanique
a
dû
être
étudiée
et
réalisée
entièrement
à
neuf.
Le
clavier
tient
compte
de
la
largeur
de
la
fenêtre
existante.
La
position
et
la
division
de
l’octave
très
étroite
correspondent
sensiblement
à
la
règle
de
Dom
Bedos.
Le cadre et les touches sont en chêne.
Les 29 naturelles sont plaquées en buis.
Les
19
dièzes
en
prunier
plaqués
d’ébène.
Les
joues
sont
en
noyer
sculpté.
La
planche
d’adresse
est
réalisée
en
chêne
plaqué
de
marqueterie
en
noyer
et
buis
avec
un
filet
d’ébène.
La
mécanique
des
notes
est
réalisée
suivant
des
modèles
anciens.
La
planche
qui
soutient
les
rouleaux
d’abrégé
est
en
chêne
comme
les
rouleaux
qui
sont
garnis
de
pattes
en
fer
doux
forgé.

Les
vergettes
sont
en
chêne
garnies
aux
deux
bouts
par
des
tiges
de
laiton
serrées
par
du
fil
de
coton
enduit
de
colle
chaude.
Un
réglage
par
tige
filetée
est
prévu
côté
touche
à
l’abrégé.
![]() |
La
mécanique
des
registres
est
réalisée
en
fer
forgé
de
section
carrée
sur
lequel
nous
avons
soudé
deux
sabres
en
fer
forgé.
Les
relais
sont
réalisés
en
chêne
de
section
carrée.
Les
balanciers
sont
en
fer
forgé.
Les tirants de registre sont en chêne garnis d’un pommeau en buis tourné orné d’une boule d’ébène. |
CONSTRUCTION
DE
LA
SOUFFLERIE
Nous
avons
réalisé
conformément
à
notre
offre
une
soufflerie
composée
de
trois
soufflets
cunéiformes
réalisés
en
chêne
massif,
le
tout
parcheminé
à
la
« Dom
Bedos ».
Les
soufflets
présentent
4
plis
rentrants
et
3
plis
sortants.
Notre proposition d’installer un système de levage électromécanique ancré dans le mur du fond a été acceptée. Celui-ci devant impérativement s’encrer sur l’ancien mâchicoulis, il nous fut demandé de déplacer la caisse isolante vers l’avant afin de ne pas masquer ce mâchicoulis.
Cette
demande
nous
a
obligé
à
revoir
l’ensemble
du
mécanisme
afin
de
rendre
indépendant
le
système
de
levage
dans
sa
caisse
isolante.

Notre
système
inédit
de
mécanique
s’avère
très
performant
pour
la
régularité
du
vent
et
le
bruit
minime.
La
caisse
isolante
(265
cm
x
170
cm)
à
double
paroi
isolée
par
des
matériaux
« acoustiques »
et
du
feutre
fut
construite
autour
de
ces
trois
soufflets.
Elle
permet
une
protection
optimale
des
peaux
des
soufflets
et
aussi
un
accès
aisé
pour
l’accord
de
la
tuyauterie.
Dimension des soufflets : 145 cm x 73 cm.
Ouverture optimale des soufflets : 75 cm.
Pression du vent : 79 mm à la colonne d’eau.
TRANSPORT
ET
REMONTAGE
DE
L’ORGUE
EN
L’EGLISE
|
|
Après
avoir
restauré
et
reconstruit
en
atelier
le
socle
comprenant
les
sommiers
et
ses
mécaniques
de
tirage
des
notes
et
des
registres
ainsi
que
la
partie
supérieure
(indépendante
du
socle),
le
tout
solidement
chevillé
et
fixé,
les
moulures
reclouées
à
l’ancienne,
nous
avons
transporté
ces
deux
blocs
dans
l’église.
Vu
la
hauteur
des
portes
extérieures
de
l’église
et
des
portes
vitrées
intérieures,
il
n’était
pas
possible
de
faire
venir
un
appareil
de
soulèvement
pour
amener
ces
deux
grandes
pièces
en
tribune
où
elles
devaient
être
placées
avec
un
certain
recul
par
rapport
à
la
balustrade.
Aucun
moyen
non
plus
de
fixer
des
poulies
dans
la
voûte.
Deux
tours
pyramidales
métalliques
(l’une
au
jubé,
l’autre
au
sol,
les
deux
étant
reliées
par
une
poutre),
réalisées
à
cet
effet,
nous
ont
permis
de
monter
les
deux
parties
l’une
après
l’autre
en
les
faisant
coulisser
sur
la
poutre.
Nous
avons
fixé
la
partie
supérieure
au
socle
par
clouage
et
ancré
celle-ci
dans
la
voûte
(pour
les
côtés)
et
sur
le
mur
du
fond
assurant
ainsi
une
stabilité
optimale
de
l’ensemble.
Les
soufflets
et
leur
mécanisme
de
levage
ont
été
mis
en
place.
Nous
avons
raccordé
le
porte
vent
primaire
du
Tremblant
et
celui-ci
au
porte
vent
secondaire
qui
était
déjà
relié
au
sommier.
Nous
avons
collé
nos
conduits
de
postages
vers
la
façade
et
les
six
tuyaux
de
bois.
Le buffet a été peint en faux-acajou, respectant les directives de Pascale Wery, et nous avons pu débuter l’harmonie.
RESTAURATION
DE
LA
BALUSTRADE
Conformément
à
notre
offre,
la
balustrade
ancienne
a
été
restaurée
et
remise
dans
son
aspect
pictural
d’origine.
Grâce
à
deux
morceaux
d’une
main
courante
placés
pour
renforcer
l’assemblage
des
grandes
tourelles,
nous
avons
conclu
que
ces
morceaux
provenaient
de
la
balustrade
qui
fut
placée
au
même
moment
que
l’orgue
(probablement
de
la
même
origine).
Ces
deux
morceaux
étaient
peints
en
faux
marbre.
Ils
étaient
beaucoup
plus
larges
que
la
main
courante
placée
lors
de
la
restauration
de
l’église
et
les
traces
laissées
en
bois
nu
aussi
bien
sur
cette
main
courante
que
sur
l’ancienne
balustrade
montraient
qu’une
large
moulure
appliquée
avait
été
enlevée.
Nous
avons
donc
reconstruit
une
nouvelle
main
courante
à
la
dimension
de
l’ancienne,
une
moulure
à
la
dimension
des
traces
existantes
et
repeint
l’ensemble
dans
les
couleurs
d’origine :
vert
foncé
pour
les
balustres
(identique
aux
pots
à
fleurs),
faux
marbre
kaki
pour
les
montants,
poutres
de
soutien
et
la
main
courante.
La
longue
planche
de
bois
neuve
en
chêne
naturel
placée
lors
de
la
restauration
de
l’église
sous
la
balustrade
ancienne
fut
simplement
nettoyée
à
la
Solarine
car
tous
nos
essais
en
peinture
(soit
blanc
comme
le
mur
et
poutres
de
soutien,
soit
vert,
soit
kaki)
alourdissaient
considérablement
l’ensemble.
Cette dernière solution paraissait à tous comme étant la plus neutre afin de donner priorité à la partie ancienne et à l’orgue.
HARMONIE
Le
Plein-jeu
est
le
seul
d’origine
d’une
taille
plus
« normale »
dépassant
ainsi
la
taille
de
la
Doublette
dans
les
dessus.
Car
tous
les
tuyaux
ont
été
construits
à
l’origine
avec
des
choix
de
tailles
très
menues
y
compris
pour
les
Bourdons,
les
Flûtes
ouvertes
et
le
Cornet.
A
ce
jour,
je
ne
connais
pas
d’exemple
similaire.
On
remarque
que
la
hauteur
de
l’embouchage
est
systématique.
C’est-à-dire
identique
du
premier
au
dernier
tuyau.
Généralement,
si
on
constate
une
diminution
sensible
de
la
hauteur
de
bouche
dans
les
petits
tuyaux,
ici
ce
n’est
pas
le
cas :
même
embouchage
du
plus
gros
au
plus
petit.
Ce
système
nous
permit
de
connaître
avec
exactitude
les
tuyaux
dont
les
bouches
avaient
été
sensiblement
haussées
et
dans
ce
cas
nous
les
avons
rendues
à
leur
hauteur
d’origine.
Toute
la
tuyauterie
avait
des
paramètres
de
biseaux
similaires
et
sans
dent.
Les
quelques
dents
posées
ultérieurement
étaient
reconnaissables
et
furent
supprimées.
Toutes
les
lumières
sont
larges
et
les
pieds
mesurés
mais
relativement
ouverts
vu
la
hauteur
des
bouches.
La
pression
fut
établie
sur
les
tuyaux
jugés
intacts
et
d’origine
ainsi
que
sur
quelques
tuyaux
de
Voix
Humaine
dont
les
languettes
nous
paraissaient
d’origine.
Elle est établie ainsi à 79 mm à la colonne d’eau.
Le diapason a été tenu à A404 à 16°.
Le
tempérament
fut
choisi
en
fonction
des
tuyaux
à
calottes
soudées
d’origine.
En rendant les oreilles bien droites du Bourdon, nous fûmes surpris que celui-ci avait 40 de ses 48 tuyaux qui étaient justes au tempérament mésotonique à 8 tierces justes !
Les huit tuyaux qu’il nous a fallu rallonger se trouvaient probablement dans un encombrement plus réduit sur leur sommier d’origine. Il est à noter que ces tuyaux (surtout les plus graves, ainsi que le dernier do 48) n’étaient pas juste en donnant l’accord à l’octave. Preuve qu’ils se trouvaient dans un espace plus restreint et donc maintenant trop courts.
Prestant :
embouché
au
¼
Bourdon :
embouché
entre
le
1/2
et
1/2,5
Les
six
premiers
tuyaux
du
Bourdon
en
bois
sont
embouchés
à
la
½.
Vu
cette
hauteur
de
bouche,
nous
leur
avons
remis
des
oreilles
en
plomb
(comme
probablement
à
l’origine,
vu
les
traces
de
clous
forgés
sur
les
côtés
des
bouches)
Cornet :
embouché
entre
le
1/3
et
le
1/4
Flûte
à
cheminée :
embouché
au
1/2,5
Doublette
et
Plein-jeu :
embouché
entre
le
1/4
et
le
1/3
Larigot à
cheminée :
embouché
au
1/3
(les
derniers
entre
1/4
et
1/3)
Larigot
ouvert :
embouché
entre
le
1/4
et
le
1/5
Les jeux neufs suivent les paramètres d’embouchage des tuyaux anciens.
REMERCIEMENTS
…
![]() |
A
l’issue
de
deux
années
de
recherches
et
de
travail
sans
relâche,
j’aimerais
souligner
à
quel
point
notre
tâche
fut
allégée
grâce
à
une
relation
exceptionnellement
efficace
de
confiance
et
de
respect
entre
tous
les
intervenants. Chacun
a
apporté
son
action
positive
afin
que
tout
se
déroule
pour
le
mieux
dans
l’intérêt
de
l’orgue
et
de
chacun.
|
C’est
pourquoi,
j’aimerais
remercier :
-
L’Administration
Communale
de
Gerpinnes,
son
Bourgmestre,
Monsieur
Roland
Marchal
ainsi
que
l’Architecte
de
la
Commune,
Monsieur
Pierre
Mousty
qui
a
suivi
avec
attention
et
interrogations
perspicaces
les
travaux
tant
à
l’atelier
que
sur
chantier.
Il
nous
a
également
apporté
une
aide
efficace
quant
aux
problèmes
administratifs
à
résoudre
(J’aimerais
souligner,
car
une
fois
n’est
pas
coutume,
que
tous
les
paiements
ont
été
réglés
en
temps
voulu)
-
Monsieur
le
Curé
Vennix,
les
Membres
de
la
Fabrique
et
particulièrement
Monsieur
Christian
Lion,
ces
personnes
qui
nous
ont
accueilli
« chez
eux »
avec
beaucoup
d’enthousiasme
et
un
sourire
perpétuel.
-
Frère
Guillaume,
l’organiste,
qui
ne
montait
jamais
les
mains
vides
à
la
tribune…(chocolaterie
et
autres
friandises).
-
Madame
Anne
Froidebise
de
la
Commission
Royale
des
Monuments
et
Sites
pour
avoir
compris
et
soutenu
notre
démarche.
- Madame Moreau, Echevin de la Culture qui a organisé de façon très vigoureuse ces concerts.
Mes remerciements les plus chaleureux aux Auteurs de Projet, Roland Servais et Jean-Pierre Félix qui tous les mois ont suivi avec efficacité ce chantier complexe. Ils m’ont accordé leur confiance, laissé libre de mes choix responsables ou ceux qui m’étaient imposés par les éléments anciens sans jamais vouloir imposer une direction arbitraire. Tous les points délicats ont fait l’objet de dialogues fructueux dans le respect des avis de chacun. La qualité et la beauté de l’orgue a toujours été notre objectif commun.
Pour
conclure,
je
remercie
mes
collaborateurs
pour
la
qualité
de
leur
travail
passionné :
Philippe Collard pour la restauration et la reconstruction du buffet
Bernard Maréchal pour la restauration et reconstruction des sculptures et la construction de toutes les parties en bois des différents mécanismes
Stéphany Kuppers-Cerf pour la construction des sommiers, du clavier et de la dorure des ornements
Caroline
Sogor
pour
la
reconstitution
des
peintures
du
buffet
et
de
la
balustrade
Et
également
tous
ceux
qui
par
leur
aide
et/ou
leurs
conseils
judicieux
m’ont
permis
à
mener
à
bien
ce
chantier :
Christian
Colard,
Jean-Philippe
Gélu,
Doum,
Sébastien
Monin,
Pierre
Sépulcre,
Sébastien
Vial
et
Jonathan.
Je suis très honoré de l’intérêt et de l’enthousiasme qu’ont porté à cette restauration : Messieurs Freddy Eischelberger et Jean-Christophe Leclère qui ont enregistré un premier CD sur l’orgue, Messieurs Francis Jacob et Michel Chapuis et Madame Anne Delafosse qui ont donné les concerts d’inauguration les 22 et 23 avril 2005, ainsi que Monsieur Lorenzo Ghielmi qui jouera un concert dans le cadre du Festival de l’Eté Mosan le 19 août 2005.
La
vie
culturelle
et
folklorique
de
Gerpinnes
étant
particulièrement
intense,
je
suis
certain
que
cette
restauration
permettra
d’organiser,
autour
de
cet
instrument,
différentes
actions
qui
mettront
en
valeur
ce
patrimoine
haut
en
couleurs !