Rudi Jacques - Facteur d'Orgues

Ancienne Ecole de Maurenne, 29 - 5540 B - Hastière-Lavaux  

Tél. & Fax : 00 32 (0) 82 64 44 75

 

 

 

 

RESTAURATION DE L'ORGUE HISTORIQUE

DE GERPINNES  classé 17° siècle

 

 

 

 

Photo : Luc de Vos

COMPOSITION DE L'ORGUE

Bourdon 8’

Cornet IV rangs

Prestant 4’

Flûte 4’ 

Nazard 2’ 2/3

Doublette 2’

Larigot 1' 1/3

Tierce 1’ 3/5

Sifflet 1’

Fourniture III

Cymbale II 

Trompette 8’

Voix Humaine 8

Accessoires :    Tremblant doux  - Rossignol

Diapason : a = +/- 404 Hertz.

Étendue du clavier : C-D - c’’’ / 48 touches.

Pédalier accroché : C-D - d’ / 26 touches.

Soufflerie : trois soufflets cunéiformes actionnés en permanence  par un système électromécanique.

 


Situation en 1967 - Document : Jean-Pierre Félix

Pour l'historique "complète" de l'orgue de Gerpinnes : cliquez sur la photo ...


 

INTRODUCTION

par Monsieur le Bourgmestre, Monsieur Roland Marchal

 

La restauration de l’orgue représentait un défi en raison du caractère technique de l’opération et de son coût. Lorsque le facteur d’orgue, le réputé Rudi Jacques, entreprit le travail, l’instrument livra enfin ses secrets.

Ainsi eut-il la surprise de découvrir de nombreuses traces, voire de grandes surfaces polychromes, ce qui est rarissime pour ne pas dire unique dans notre pays, et même au niveau européen. Tous ces éléments permirent d’établir que l’orgue date du XVIIème siècle. Par ailleurs, on sait qu’il a été acquis en 1805 par les Marguilliers de la Fabrique d’église.

Quelle émotion étreindra le Lundi de Pentecôte de nombreux pèlerins lorsqu’ils entonneront le cantique de Sainte-Rolende accompagnés par ce remarquable instrument. Sans conteste sa remise en état exceptionnelle a canalisé les énergies de nombreuses personnes et est aujourd’hui accueillie avec un enthousiasme et une fierté  légitime par tous ceux qui ont permis de concrétiser cet ambitieux projet. Notre patrimoine s’en trouve considérablement enrichi et constitue un atout supplémentaire quant à l’attractivité de notre commune. De plus, il illustre parfaitement la fructueuse collaboration entre le spirituel et le temporel.

Je m’en voudrais de ne pas adresser mes plus sincères et chaleureuses félicitations au facteur d’orgue, Monsieur Rudi Jacques, et à toute son équipe, pour la qualité irréprochable de l’ouvrage. Il serait injuste de ne pas adresser mes plus vifs et sincères remerciements aux autorités de la Région wallonne qui ont accordé une subvention déterminante sans laquelle il eut été impossible de mener à bien pareille entreprise.

Aujourd’hui c’est un grand jour pour la communauté locale qui appréciera à sa juste valeur la pureté sonore de l’instrument amplifiée par les voûtes séculaires de l’église Saint-Michel. Puisse cet élément du patrimoine assurer à la cité des Marches un lustre supplémentaire qui saura faire confluer vers son orgue amateurs et pèlerins.

 

Roland Marchal

Bourgmestre - Député wallon

Membre de droit de la Fabrique d’église de Gerpinnes


 

La bénédiction de l'orgue le dimanche 24 octobre 2004...


 

LE MOT DE MONSIEUR LE CURE …

Monseigneur l’Evêque, Jean Huard, m’a nommé curé de Gerpinnes le 13 décembre 1990, et dès le début, des paroissiens m’ont parlé de leur grand désir de faire restaurer l’orgue.

C’est ainsi que dès janvier 1992 nous avons lancé une invitation à des paroissiens et à d’autres personnes qui pouvaient nous aider à réaliser ce projet.

La première réunion a eu lieu à la cure de Gerpinnes le 18 février 1992, une vingtaine de personnes avaient répondu à notre invitation. Lors de cette réunion il fut décidé de faire des pins pour récolter de l’argent. Nous avions commandé 2500 pins mais nous ne les avions pas tous vendus. Les fonds récoltés  nous ont seulement permis de payer la facture des pins. Heureusement, des bienfaiteurs sont venus à notre secours pour nous permettre d’honorer l’avant-projet qui était à supporter par la paroisse.

Monsieur Roland Marchal, Echevin du culte, nous a proposé les services de l’administration communale pour introduire le dossier et accompagner le projet, avec le résultat qu’aujourd’hui notre orgue est restauré, grâce aux subsides de la Région Wallonne, de la Commune et l’aide financière des paroissiens, de la chorale paroissiale et de  l’A S.B.L. « Quatrième centenaire de la châsse Sainte-Rolende ».

Je tiens à exprimer ma grande reconnaissance envers tous ceux et celles qui nous ont aidé à lancer ce projet.  Un très grand merci à tous pour l’avoir soutenu et bravo à ceux qui l’ont réalisé.

Que la musique de cet orgue nous permette de chanter, de louer le Seigneur  et de créer des liens d’amitié profonde.

                                                                                                Père Joseph Vennix


 

 

LA RESTAURATION DE L’ORGUE

par Rudi Jacques

PREFACE

   

Relater en quelques mots mon expérience d’artisan-restaurateur de l’Orgue de Gerpinnes avec lequel j’ai vécu quatre années dans mon atelier (dont deux ans d’arrêt de chantier « forcé » pour étude de polychromie…) m’apparaît encore aujourd’hui bien compliqué car certaines de ses parties ont près de trois cent quarante années et des parcours divers …

Cet instrument, je le connaissais bien avant que les travaux visant une restauration globale me soient attribués par appel d’offre.

Lorsque je suis entré dans l’atelier de Christian Colard en 1983, il venait, quelques années auparavant, d’effectuer quelques travaux en urgence à Gerpinnes.  Je découvris d’abord chez lui quelques photos en noir et blanc puis une visite sur place me donna l’émoi d’entendre pour la première fois des sons d’une harmonie nouvelle à mes oreilles.

Les années ont passé, je suis devenu facteur d’orgues et gardais en mémoire ce magnifique patrimoine.

En 1999, je me retrouve attributaire du marché et c’est là que l’histoire recommence.

Lorsque l’on a la chance de se trouver face à un orgue construit pour un lieu donné, que cet instrument n’a pas changé de place, que les archives sont explicites, que le contrat d’origine est retrouvé …  Le facteur peut assez facilement suivre les étapes de vie de l’objet, ses transformations et par recoupement avec d’autres instruments du même facteur reconstituer l’instrument de musique qui semble être le plus proche de son état d’origine.

A Gerpinnes, rien ne conduit à ce parcours historique logique.  Car la « logique » n’existe pas et n’a jamais ici été pensée comme telle.  La « restauration » d’orgue est un concept relativement neuf.

Malgré l’important travail de recherche d’archives entrepris par Monsieur Jean-Pierre Félix, aidé par les recherches qu’avaient faites, avant lui, les Membres du Conseil de la Fabrique, nous avons été confronté à des questions qui ne seront probablement jamais élucidées.

Notre vision de facteur au démontage de ces différentes pièces de puzzle assemblées, parfois bien malgré elles, est qu’il s’agit ici (encore) d’un « fond d’atelier » que Rifflard revendit en 1805 aux Marguilliers de Gerpinnes certainement en tant « qu’orgue d’occasion ».  Ce facteur a dû, comme bien d’autres de son époque, récupérer une série impressionnante de buffets (entiers ou en parties), de tuyauteries diverses, de sommiers et de mécaniques provenant de différents monastères, abbayes ou églises fermés après les années 1790.  Rifflard a donc remonté un dessus de buffet homogène dans sa construction et sa décoration (début des années 1700) sur un socle bricolé à partir de différentes pièces anciennes.  Il y a placé une tuyauterie plus ancienne que nous pouvons attribuer au certain « Bosmans – 1666 », c’est-à-dire une façade (numérotée) qui provient d’un petit quatre pieds à deux plates-faces et une tourelle centrale (ou une plate-face) suivant un schéma comparable aux instruments de Longueville ou au béguinage de Saint-Trond. Il transforma la façade au ton de l’époque et dut la compléter pour combler l’espace vide.

Il plaça ensuite les jeux anciens de 1666 :

-               le Bourdon    homogène

-               la Flûte    homogène

-               la Doublette    homogène

-               le Cornet    homogène

-               quelques tuyaux de Larigot

-                un Plein-jeu de cinq rangs homogène mais d’époque peut-être plus récente ( en partie 17ème et 18ème s.)

-               une Voix Humaine

L’arrivée d’un facteur inconnu dans les années 1840 annonce une remise au goût du jour de l’ensemble.

Il éventre le fond du buffet et les plafonds afin de placer un grand sommier neuf avec Bourdon 16, Montre 8 … un grand soufflet et une mécanique transversale.  La Voix Humaine et une bonne partie du Plein-jeu sont enlevés et simplement déposés sous le soufflet tels quels.  Les travaux de Rifflart-Piret, n’arrangent rien, il supprime la Tierce, ré-harmonise les basses, place un nouveau soufflet.

L’arrivée de Christian Colard en 1982 marque un autre tournant qui vise à sensibiliser les Gerpinnois sur l’intérêt de la tuyauterie ancienne.  Avec de petits moyens, il arrive à remettre en état de marche quelques jeux et enlève les ajouts (Bourdon 16, Trompette et Clairon dont une grande partie s’effondre sur la tuyauterie ancienne et la met de ce fait en péril).

En conclusion, nous avons sur base du cahier des charges reconstitué un instrument de musique des années 1666 dans un buffet re-proportionné des années 1700.

J’aimerais mettre en évidence le profond respect que tous ces facteurs d’époques différentes (dont les deux Rifflart et Colard) ont eu à l’égard de la tuyauterie du 17ème siècle.  Leurs interventions minimalistes, sans modifier radicalement les paramètres de l’harmonie d’origine, m’ont permis de croire qu’il m’était possible de retrouver ici les choix et le caractère de l’harmonie du départ.  Ce qui à notre époque devient de plus en plus rare tant le goût personnel s’imprime sur chaque tuyau à chaque passage de mode et de facteur.

Je leur exprime ici toute ma gratitude et espère qu’il en sera de même pour les facteurs qui reprendront mon travail dans quelques dizaines d’années.

   

DEMONTAGE DE l’ORGUE EN L’EGLISE DE GERPINNES

   

Etat de la situation :

Lors du démontage de l’instrument en l’église, nous avons trouvé de très nombreuses traces et/ou parties entières de polychromie jaune ocre avec flamme rouge.  Un sondage en plusieurs endroits par grattage soigneux de la peinture actuelle faux chêne foncé (posée lors de reconstruction par Rifflart au 19ème siècle), nous a fait découvrir que l’entièreté du buffet était peint.  Nous avons décidé de déposer 19 parties de l’instrument à l’IRPA pour analyses diverses.

Contexte historique :

Au 16ème, 17ème et 18ème siècles, le mobilier d’église dont les orgues, les balustrades, les chaires de vérité, etc … ont généralement été peints suivant différentes techniques (peinture à l’huile, terre mélangée à la colle de lapin, …)

Quelques instruments ont été laissés en bois naturel nourri à la cire d’abeille ou recouvert de vernis à l’alcool.  Fin 18ème, début 19ème apparaît une autre technique sur bois dite la technique du « faux chêne ».  Si certains orgues ont pu être peints dès leur construction avec cette technique, elle fut le plus souvent utilisée pour masquer et brunir de très nombreux instruments dont la décoration vive, chaude et étincelante était passée de mode. 

L’orgue actuel de Gerpinnes :

Plusieurs éléments actuels nous permettent de penser que la partie supérieure de l’instrument proviendrait d’un ancien positif dorsal que l’on pose sur un double socle  construit à partir de pièces d’un buffet de grand orgue.  Ce positif est arrivé à Gerpinnes avec sa balustrade, peints tous deux en faux bois et faux marbre.  Deux pièces de mains courantes de celle-ci ont servi de soutien de moulures du buffet lors du remontage en l’église. 

A ce jour, en Wallonie, contrairement à nos pays voisins, plus aucune polychromie ne subsiste à l’état original. Soit, on construisait un instrument entièrement neuf, soit on gardait un buffet ancien que l’on aménageait et transformait, décapait ou repeignait au goût du jour en conservant tant bien que mal une tuyauterie ancienne augmentée de jeux à la mode, ce qui est le cas de Gerpinnes.

 Suite au rapport de l’IRPA, différentes orientations sont évoquées :

-         repeindre le buffet en faux bois sur les différentes couches existantes ;

-         repeindre le buffet en faux chêne sur les différentes couches existantes en créant « des fenêtres » laissant apparaître ici et là des traces de faux marbre jaune ocre et faux acajou.

Lors de la réunion mensuelle qui suit le rapport de l’IRPA, en accord avec l’assemblée, les auteurs de projet décident de réaliser une étude circonstanciée.  Le choix se porte sur Pascale Wery, qualifiée en étude, conservation et restauration de peintures anciennes et sculptures.

Le choix définitif se portera, suite à son étude, pour une peinture en « faux acajou » correspondant à la première strate de la partie supérieure du buffet.

Les sculptures seront dorées à l’ancienne selon différentes techniques.

 

 

RESTAURATION DU BUFFET

 

 

Au démontage du buffet, nous avons été stupéfaits de constater à quel point le facteur Rifflart avait travaillé à l’économie, alors qu’il avait l’habitude pour ses instruments neufs de soigner sa menuiserie.

Seule la partie haute était solidement bâtie.  Elle n’a probablement jamais été démontée depuis sa construction et a dû être emportée telle quelle à Gerpinnes.

Le socle était construit de différentes parties composites, reposant sur de petits blocs de bois de section carrée.  Le tout recouvert de planches de bois blanc clouées afin de donner une certaine stabilité à l’ensemble.

La partie supérieure était posée sur son socle sans assemblage et était fixée au socle par clouage de la moulure de ceinture.

Le facteur qui le suivit ne fit pas non plus dans la dentelle en cassant les montants arrières à la hache pour faire passer son nouveau sommier, sciant grossièrement les retours des tourelles afin de mettre son Bourdon 16 …

Laissant de côté l’ajout en profondeur pour retrouver les proportions originales du buffet, nous avons déchevillé tous les assemblages, enlevé toutes les moulures qui ici sont toutes clouées sur cadres (et non tirées dans la masse).  Le tout a été marqué et classé.

Tous les assemblages avaient beaucoup souffert, les tenons étaient cassés et les moulures fendues ou disparues.  Les panneaux avaient sensiblement rétréci dans leurs batées.

Après restauration par greffes de bois neuf, nous avons ensuite chevillé l’ensemble.

Les moulures cassées ou manquantes ont été reconstruites selon les modèles des anciennes.

 

Le cadre dû socle a dû être repensé et reconstruit à neuf en tenant compte d’une hauteur de clavier normale en fenêtre.  Nous n’avons pu garder que les deux panneaux moulurés de la face avant de chaque côté du clavier ainsi que les traverses hautes et basses enfermant ces panneaux.

 

Tout le reste du socle est neuf et respecte les mesures imposées de la partie supérieure ancienne.  

 

Les deux portes de côté de soubassement neuves donnant accès à la mécanique sont moulurées comme les panneaux anciens de la face.  

 

Tout le fond de l’orgue avait disparu, nous l’avons reconstruit en chêne.  Panneaux sur cadres fermés par taquets pour le socle.  Portes sur charnières pour la partie supérieure.

La peinture ancienne fut, comme nous l’a recommandé l’IRPA, poncée soigneusement et non décapée afin de laisser la trace des couches de peinture sous la nouvelle. Nous avons gardé comme témoins les deux planches des tirants des registres car elles portent les études et sondages ainsi que les noms des registres peints par Rifflart en 1805.

   

RESTAURATION ET DORURES DES SCULPTURES

ANCIENNES ET CREATION DE NOUVELLES

 

 

Restauration des parties cassées et réalisation des parties manquantes :

 

 

Après avoir effectué un ponçage  méticuleux des sculptures et l’enlèvement du trop plein dans les creux des motifs, nous avons réparé toutes les pièces cassées ou manquantes des sculptures anciennes par greffe de pièces neuves en tilleul pour les éléments anciens (les anges de côté, les pots à fleurs, les triangles au-dessus des plates faces, les culots sous les tourelles) et en chêne pour les sculptures des claires-voies.

Le tout a été traité avec des produits fongicides et insecticides puis nous avons injecté une résine à deux composants dans tous les trous de vers dans les sculptures en tilleul très friables.  

 

Création de deux nouvelles sculptures :

Nous avons retrouvé une traverse de soutien d’élément sculpté (disparu) au-dessus de la petite tourelle centrale et pensé qu’il pourrait s’agir d’un pot à feu (en contraste avec les pots à fleurs des grandes tourelles).  Nous avons repris comme motif de base les sculptures en triangle posées au-dessus des plates faces couronné au sommet par un pot à feu.

 

Un petit culot neuf sous la tourelle centrale, inspiré par les deux culots des côtés fixés sur la même moulure, a été réalisé en tilleul massif comme les deux modèles anciens.  

 

Toutes ces sculptures ont été dorées à la feuille d’or 24 carats suivant différentes techniques anciennes.  Soit à la mixtion, soit polies ci et là recouvertes d’un vernis vert translucide, comme le précisait l’étude de Pascale Wery.

   

RESTAURATION DE LA TUYAUTERIE  

 

Les notes prises par Christian Colard nous furent d’une aide précieuse afin de comprendre son intervention et surtout l’état précédent.

Seul le Prestant avait été réembouché plus bas qu’à l’origine (au 1/5).  La hauteur d’origine était indiquée dans ses notes et correspondait aux tuyaux existants mais non replacés.  C’est-à-dire un embouchage  au 1/4.

Le reste n’avait pas subi d’intervention majeure.

La Flûte de 4 avait quelques calottes ressoudées par Christian Colard (pour remettre en forme les tuyaux) mais les corps n’avaient pas subi de recoupes.  Les  cheminées avaient été rallongées afin de les mettre au ton choisi à l’époque.

Le Bourdon à calottes soudées nous a permis de retrouver le ton d’origine (après reclassement), soit à 404 (16°).  Les premières calottes avaient été dessoudées par Rifflart afin de débosseler les tuyaux et ces calottes étant devenues un peu étroites, il les déplaça d’1/2 ton (la calotte du n°8 sur le tuyau n°9, …)  Mais sans recoupe du tuyau.

Les corrections de ton et d’accord apportées par Rifflart-Piret se bornèrent à enfoncer au marteau les calottes et à hausser les bouches (déjà très hautes) afin de diminuer la longueur du corps sonore.

Ces traces d’embouchage étant nettement visibles (plomb plus clair aux côtés de la bouche), nous avons ressoudé des lamelles de plomb afin de rendre aux bouches leurs hauteurs d’origine et dessoudé les calottes afin de remettre le tout en forme.

Le reste de la tuyauterie fut restaurée dans ce sens, à partir du diapason retrouvé.

Les tuyaux ayant subi une découpe des bouches furent remis à leur hauteur d’origine soit par soudure de plaquettes pour les grands tuyaux (Bourdon, Flûte, Larigot), soit par découpe du corps ressoudé plus bas pour les petits jeux (Doublette, Cornet, Plein-jeu) mais la majorité des tuyaux avait gardé cependant leur hauteur de bouches d’origine.

Tous les tuyaux avaient conservé des biseaux sans dent, à l’exception de la Doublette où Rifflart-Piret avait posé des dents (oxydation plus claire).

Nous avons dans ces cas particuliers dessoudé les biseaux, repoussé les dents et repassé le biseau ancien sur le rabot. 

Tous les tuyaux ouverts durent être rallongés afin de retrouver le ton ancien du Bourdon.  Pour la Flûte et le Larigot, nous avons seulement dû rallonger les cheminées.

 

 

Restauration de la façade :

Après dépose, nous avons trouvé trois familles de tuyaux :

-         une façade homogène de 1666 numérotée de gauche à droite de 1 à 27 (avec 3 tuyaux manquants) ;

-         les cinq petits derniers en chanoine construits par Rifflart en 1805 pour combler les vides ;

-         quatre grands tuyaux neufs reconstruits par Christian Colard.

A la tribune, nous avons retrouvé deux grands tuyaux de 1666 non replacés par un des Rifflart.

Dans les ateliers de Colard se trouvait encore un tuyau fort abîmé de 1666 qu’il avait en 1982 remplacé par un tuyau neuf.

La liste des 27 tuyaux anciens « parlant » était donc complète.

Nous avons conservé les 5 tuyaux chanoines de Rifflart indispensables pour combler les vides du buffet.

Trois tuyaux neufs, dont deux chanoines, ont été construits dans le même métal et les mêmes paramètres que les anciens.

Les tuyaux posés en façade avaient été recouverts par Christian Colard d’une feuille d’étain qui posait beaucoup de problèmes : décollement facile, formation de bulles, …

Sous cette feuille d’étain, les tuyaux étaient fort abîmés : bosses, fissures des labiums et surtout une « griffade » grossière et profonde au gros papier de verre afin de faire tenir la mixtion (mais en vain !).

Par contre, les deux tuyaux anciens, retrouvés à la tribune,  ne présentaient pas de traces d’étamage mais une oxydation naturelle.

Nous avons donc décidé, en accord avec les auteurs de projet, de procéder à l’enlèvement de cette feuille d’étain et de rebrunir à l’ancienne tous les tuyaux (anciens et neufs) afin que ceux-ci, avec le temps, s’oxydent à nouveau de façon naturelle et homogène.

 

Ce travail très long et fastidieux permet d’observer l’historique des travaux successifs (allongement des corps par Rifflart, greffes, réparations et soudures diverses par nos soins …).  

Suite aux différentes transformations des tons, on constate que les pattes d’accord on été sérieusement recoupées afin de faire parler les tuyaux d’un demi-ton à un ton et demi (une Tierce) plus aigu : rendant ainsi aux tuyaux des tailles beaucoup plus larges qu’à l’origine.  

 

Nous avons ressoudé ces découpes afin de leur donner leur ton d’origine.  

 

Mise en ordre et restauration du Plein-jeu.

Après une grosse semaine d’études, de relevés et cogitations diverses … nous avons retrouvé la place des 182 tuyaux anciens récupérés du Plein-jeu.

Pour rappel au démontage, deux rangs de tuyaux se trouvaient placés sur le sommier à Gerpinnes  (+/- 100 tuyaux) plus une dizaine d’un troisième rang.  Les autres tuyaux ont été retrouvés dans une caisse en carton.  Les tuyaux de Rifflart ont été écartés et mis en caisse.  Deux factures composent ces tuyaux anciens (une à « pieds longs » avec une teneur en étain plus élevée, l’autre à « pieds courts »), mais rien ne permet de dater l’une ou l’autre comme étant la plus ancienne mais ces deux « familles » présentent des caractéristiques fort intéressantes (biseaux sans dent …), donc toutes deux à conserver.

Seul un rang retrouvé est homogène et comporte des indications fort anciennes ainsi que des chiffres plus récents (Rifflart ?).  Il nous a fourni les tailles de base du Plein-jeu à reconstituer.

Le deuxième rang était composé de tuyaux des deux factures (« pieds longs » et « pieds courts ») mais les « pieds courts » étaient disposés de sorte que les tailles étaient trop larges et ne correspondaient pas aux tailles du premier rang.

Ces tuyaux ont été vraisemblablement recoupés puis placés sur sommier.

Nous avons donc trié ces 182 tuyaux par diamètre.

Afin d’obtenir un Plein-jeu équilibré en taille et en timbre mêlant ces deux époques ou ces deux factures, nous avons pris l’option de ne pas tenir compte des indications gravées de Rifflart et de reclasser la tuyauterie seulement en fonction des diamètres.  Ce qui nous a permis de reclasser l’ensemble de ces 182 tuyaux et de retrouver des tuyaux du premier rang ainsi disparus.

Construction de la tuyauterie manquante :

Les tuyaux neufs à reconstruire ont été calculés et refaits en fonction des différents paramètres des tuyaux anciens très étroits.  L’analyse de la tuyauterie ancienne montrait une teneur à 98% de plomb.

Nous avons tout d’abord construit les tuyaux qui devaient compléter les jeux anciens.  Ceux-ci avaient ici et là perdu quelques tuyaux suite aux déplacements d’un demi-ton à un ton, à cause du changement de diapason aux remontages de l’orgue par les Rifflart.

Le Nazard (un seul tuyau ancien retrouvé dans la Flûte) suit les paramètres de la Flûte 4’ ; idem pour la basse du Larigot.  La Tierce et le Sifflet sont inspirés des rangs correspondant du Cornet également « anormalement » très étroit.  Cette Tierce s’accommode aussi bien avec les Flûtes que dans le Plein-jeu.

 

La Trompette fut reconstruite sur base de quelques fragments retrouvés : pointes en fer blanc et le reste en étoffe.  Les gros noyaux sont en plomb et coniques.

La basse de la Voix Humaine, disparue, fut reconstruite suivant les modèles du dessus (complet).  La conception, dont la rasette passe à l’intérieur du corps et le noyau se limitant à une grosse bague circulaire fait penser à une facture proche du facteur « Le Royer » (communication verbale de mon confrère Stan Arnauts).  

 

 

CONSTRUCTION DU SOMMIER

   

Tenant compte de la composition supposée et imposée dans le cahier des charges, nous restons cependant persuadé, vu les dimensions intérieures  du buffet (226.5 cm x 82.5 cm), que celui-ci n’a jamais accueilli autant de registres.

Nous avons réalisé deux sommiers de 92.5 cm de large sur 81 cm de profondeur, laissant 15 cm entre les sommiers pour les relais de la mécanique et l’alimentation en vent.

L’étude des différents paramètres s’est basée sur des instruments anciens de la même époque.

L’impossibilité d’accéder aux laies par la face donne également crédit à un ancien positif dorsal ou un clavier posé à l’arrière.

Toutes les parties sont réalisées en chêne.

La grille est recouverte de parchemin.

Les soupapes sont garnies d’une seule peau.  

 

Ordre du sommier :

1.         Prestant 4’ façade : 27 tuyaux parlants anciens, 1 neuf ; 6 chanoines anciens et 1 neuf

                    intérieur : 18 tuyaux anciens, 2 neufs

2.         Bourdon 8’ dessus 6 tuyaux de bois anciens, 1er G en métal neuf

3.         Bourdon 8’ basse et 41 tuyaux anciens

4.         Cornet IV 92 tuyaux anciens, 4 neufs

5.         Flûte 4’ 46 tuyaux anciens, 2 neufs

6.         Nazard 2 2/3 1 tuyau ancien, 47 neufs

7.         Doublette 2’ 46 tuyaux anciens, 2 neufs

8.         Tierce 48 tuyaux neufs

9.         Larigot 14 tuyaux anciens à cheminée, 9 anciens ouverts, 25 neufs

10.     Sifflet 1’ 48 tuyaux neufs

11.     Fourniture III 182 tuyaux anciens

12.     Cymbale II et 58 neufs

13.     Trompette 8’ dessus 24 tuyaux neufs

14.     Trompette 8’ basse 24 tuyaux neufs

15.     Voix Humaine dessus 24 tuyaux anciens

16.     Voix Humaine basse 24 tuyaux neufs

Mesures du porte-vent en chêne sous les soufflets :

165 mm x 165 mm extérieur - Epaisseur des parois parcheminées : 18 mm

Mesures du porte-vent en chêne du Tremblant vers les sommiers :

150 mm x 110 mm extérieur - Epaisseur des parois parcheminées : 15 mm

 

 

CONSTRUCTION DE LA MECANIQUE

 

La mécanique a dû être étudiée et réalisée entièrement à neuf.  

 

Le clavier tient compte de la largeur de la fenêtre existante.  La position et la division de l’octave très étroite correspondent sensiblement à la règle de Dom Bedos.

Le cadre et les touches sont en chêne.

Les 29 naturelles sont plaquées en buis.

Les 19 dièzes en prunier plaqués d’ébène.

Les joues sont en noyer sculpté.

La planche d’adresse est réalisée en chêne plaqué de marqueterie en noyer et buis avec un filet d’ébène.

La mécanique des notes est réalisée suivant des modèles anciens.  La planche qui soutient les rouleaux d’abrégé est en chêne comme les rouleaux qui sont garnis de pattes en fer doux forgé.  

 

Les vergettes sont en chêne garnies aux deux bouts par des tiges de laiton serrées par du fil de coton enduit de colle chaude.  Un réglage par tige filetée est prévu côté touche à l’abrégé.

 

La mécanique des registres est réalisée en fer forgé de section carrée sur lequel nous avons soudé deux sabres en fer forgé.  

 

Les relais sont réalisés en chêne de section carrée.  

Les balanciers sont en fer forgé.  

 

Les tirants de registre sont en chêne garnis d’un pommeau en buis tourné orné d’une boule d’ébène.

 

 

CONSTRUCTION DE LA SOUFFLERIE

 

 

Nous avons réalisé conformément à notre offre une soufflerie composée de trois soufflets cunéiformes réalisés en chêne massif, le tout parcheminé à la « Dom Bedos ».

Les soufflets présentent 4 plis rentrants et 3 plis sortants.

Notre proposition d’installer un système de levage électromécanique ancré dans le mur du fond a été acceptée.  Celui-ci devant impérativement s’encrer sur l’ancien mâchicoulis, il nous fut demandé de déplacer la caisse isolante vers l’avant afin de ne pas masquer ce mâchicoulis.

Cette demande nous a obligé à revoir l’ensemble du mécanisme afin de rendre indépendant le système  de levage dans sa caisse isolante.  

 

Notre système inédit de mécanique s’avère très performant pour la régularité du vent et le bruit minime.

La caisse isolante (265 cm x 170 cm) à double paroi isolée par des matériaux « acoustiques » et du feutre fut construite autour de ces trois soufflets.  Elle permet une protection optimale des peaux des soufflets et aussi un accès aisé pour l’accord de la tuyauterie.

Dimension des soufflets : 145 cm x 73 cm.

Ouverture optimale des soufflets : 75 cm.

Pression du vent : 79 mm à la colonne d’eau.

   

TRANSPORT ET REMONTAGE DE L’ORGUE EN L’EGLISE

   

 

Après avoir restauré et reconstruit en atelier le socle comprenant les sommiers et ses mécaniques de tirage des notes et des registres ainsi que la partie supérieure (indépendante du socle), le tout solidement chevillé et fixé, les moulures reclouées à l’ancienne, nous avons transporté ces deux blocs dans l’église.

Vu la hauteur des portes extérieures de l’église et des portes vitrées intérieures, il n’était pas possible de faire venir un appareil de soulèvement pour amener ces deux grandes pièces en tribune où elles devaient être placées avec un certain recul par rapport à la balustrade.

Aucun moyen non plus de fixer des poulies dans la voûte.

Deux tours pyramidales métalliques (l’une au jubé, l’autre au sol, les deux étant reliées par une poutre), réalisées à cet effet, nous ont permis de monter les deux parties l’une après l’autre en les faisant coulisser sur la poutre.

Nous avons fixé la partie supérieure au socle par clouage et ancré celle-ci dans la voûte (pour les côtés) et sur le mur du fond assurant ainsi une stabilité optimale de l’ensemble.

Les soufflets et leur mécanisme de levage ont été mis en place.  Nous avons raccordé le porte vent primaire du Tremblant et celui-ci au porte vent secondaire qui était déjà relié au sommier.

Nous avons collé nos conduits de postages vers la façade et les six tuyaux de bois.

Le buffet a été peint en faux-acajou, respectant les directives de Pascale Wery, et nous avons pu débuter l’harmonie.

   

RESTAURATION DE LA BALUSTRADE

   

Conformément à notre offre, la balustrade ancienne a été restaurée et remise dans son aspect pictural d’origine.

Grâce à deux morceaux d’une main courante placés pour renforcer l’assemblage des grandes tourelles, nous avons conclu que ces morceaux provenaient de la balustrade qui fut placée au même moment que l’orgue (probablement de la même origine).

Ces deux morceaux étaient peints en faux marbre.

Ils étaient beaucoup plus larges que la main courante placée lors de la restauration de l’église et les traces laissées en bois nu aussi bien sur cette main courante que sur l’ancienne balustrade montraient qu’une large moulure appliquée avait été enlevée.

Nous avons donc reconstruit une nouvelle main courante à la dimension de l’ancienne, une moulure à la dimension des traces existantes et repeint l’ensemble dans les couleurs d’origine : vert foncé pour les balustres (identique aux pots à fleurs), faux marbre kaki pour les montants, poutres de soutien et la main courante.

La longue planche de bois neuve en chêne naturel placée lors de la restauration de l’église sous la balustrade ancienne fut simplement nettoyée à la Solarine car tous nos essais en peinture (soit blanc comme le mur et poutres de soutien, soit vert, soit kaki) alourdissaient considérablement l’ensemble.

Cette dernière solution paraissait à tous comme étant la plus neutre afin de donner priorité à la partie ancienne et à l’orgue.

 

 

HARMONIE

Le Plein-jeu est le seul d’origine d’une taille plus « normale » dépassant ainsi la taille de la Doublette dans les dessus.  Car tous les tuyaux ont été construits à l’origine avec des choix de tailles très menues y compris pour les Bourdons, les Flûtes ouvertes et le Cornet.  A ce jour, je ne connais pas d’exemple similaire.

On remarque que la hauteur de l’embouchage est systématique.  C’est-à-dire identique du premier au dernier tuyau. 

Généralement, si on constate une diminution sensible de la hauteur de bouche dans les petits tuyaux, ici ce n’est pas le cas : même embouchage du plus gros au plus petit.  Ce système nous permit de connaître avec exactitude les tuyaux dont les bouches avaient été sensiblement haussées et dans ce cas nous les avons rendues à leur hauteur d’origine.

Toute la tuyauterie avait des paramètres de biseaux similaires et sans dent.  Les quelques dents posées ultérieurement étaient reconnaissables et furent supprimées.

Toutes les lumières sont larges et les pieds mesurés mais relativement ouverts vu la hauteur des bouches.

La pression fut établie sur les tuyaux jugés intacts et d’origine ainsi que sur quelques tuyaux de Voix Humaine dont les languettes nous paraissaient d’origine.

Elle est établie ainsi à 79 mm à la colonne d’eau.

Le diapason a été tenu à A404 à 16°.

Le tempérament fut choisi en fonction des tuyaux à calottes soudées d’origine.

En rendant les oreilles bien droites du Bourdon, nous fûmes surpris que celui-ci avait 40 de ses 48 tuyaux qui étaient justes au tempérament mésotonique à 8 tierces justes !

Les huit tuyaux qu’il nous a fallu rallonger se trouvaient probablement dans un encombrement plus réduit sur leur sommier d’origine.  Il est à noter que ces tuyaux (surtout les plus graves, ainsi que le dernier do 48) n’étaient pas juste en donnant l’accord à l’octave.  Preuve qu’ils se trouvaient dans un espace plus restreint et donc maintenant trop courts.

Hauteur des bouches d’origine :

Prestant :                        embouché au ¼

Bourdon :                        embouché entre le 1/2 et 1/2,5

Les six premiers tuyaux du Bourdon en bois sont embouchés à la ½.  Vu cette hauteur de bouche, nous leur avons remis des oreilles en plomb (comme probablement à l’origine, vu les traces de clous forgés sur les côtés des bouches)

Cornet :                        embouché entre le 1/3 et le 1/4

Flûte à cheminée :                        embouché au 1/2,5

Doublette et Plein-jeu :                embouché entre le 1/4 et le 1/3

Larigot à cheminée :                    embouché au 1/3 (les derniers entre 1/4 et 1/3)

Larigot ouvert :                            embouché entre le 1/4 et le 1/5

Les jeux neufs suivent les paramètres d’embouchage des tuyaux anciens.

 

 

REMERCIEMENTS …  

 

A l’issue de deux années de recherches et de travail sans relâche, j’aimerais souligner à quel point notre tâche fut allégée grâce à une relation exceptionnellement efficace de confiance et de respect entre tous les intervenants.

Chacun a apporté son action positive afin que tout se déroule pour le mieux dans l’intérêt de l’orgue et de chacun.  

 

C’est pourquoi, j’aimerais remercier :

-   L’Administration Communale de Gerpinnes, son Bourgmestre, Monsieur Roland Marchal ainsi que l’Architecte de la Commune, Monsieur Pierre Mousty qui a suivi avec attention et interrogations perspicaces les travaux tant à l’atelier que sur chantier.  Il nous a également apporté une aide efficace quant aux problèmes administratifs à résoudre (J’aimerais souligner, car une fois n’est pas coutume, que tous les paiements ont été réglés en temps voulu)

-   Monsieur le Curé Vennix, les Membres de la Fabrique et particulièrement Monsieur Christian Lion, ces personnes qui nous ont accueilli « chez eux » avec beaucoup d’enthousiasme et un sourire perpétuel.

-   Frère Guillaume, l’organiste, qui ne montait jamais les mains vides à la tribune…(chocolaterie et autres friandises).

-   Madame Anne Froidebise de la Commission Royale des Monuments et Sites pour avoir compris et soutenu notre démarche.

-   Madame Moreau, Echevin de la Culture qui a organisé de façon très vigoureuse ces concerts.

Mes remerciements les plus chaleureux aux Auteurs de Projet, Roland Servais et Jean-Pierre Félix qui tous les mois ont suivi avec efficacité ce chantier complexe.  Ils m’ont accordé leur confiance, laissé libre de mes choix responsables ou ceux qui m’étaient imposés par les éléments anciens sans jamais vouloir imposer une direction arbitraire.  Tous les points délicats ont fait l’objet de dialogues fructueux dans le respect des avis de chacun.  La qualité et la beauté de l’orgue a toujours été notre objectif commun.

 

Pour conclure, je remercie mes collaborateurs pour la qualité de leur travail passionné :

Philippe Collard pour la restauration et la reconstruction du buffet

Bernard Maréchal pour la restauration et reconstruction des sculptures et la construction de toutes les parties en bois des différents mécanismes

Stéphany Kuppers-Cerf pour la construction des sommiers, du clavier et de la dorure des ornements

Caroline Sogor pour  la reconstitution des peintures du buffet et de la balustrade

Et également tous ceux qui par leur aide et/ou leurs conseils judicieux m’ont permis à mener à bien ce chantier :  Christian Colard, Jean-Philippe Gélu, Doum, Sébastien Monin, Pierre Sépulcre, Sébastien Vial et Jonathan.

Je suis très honoré de l’intérêt et de l’enthousiasme qu’ont porté à cette restauration : Messieurs Freddy Eischelberger et Jean-Christophe Leclère qui ont enregistré un premier CD sur l’orgue, Messieurs Francis Jacob et Michel Chapuis et Madame Anne Delafosse qui ont donné les concerts d’inauguration les 22 et 23 avril 2005, ainsi que Monsieur Lorenzo Ghielmi qui jouera un concert dans le cadre du Festival de l’Eté Mosan le 19 août 2005.

La vie culturelle et folklorique de Gerpinnes étant particulièrement intense, je suis certain que cette restauration permettra d’organiser, autour de cet instrument, différentes actions qui mettront en valeur ce patrimoine haut en couleurs !